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01 et 02 février 2012 – Réunion Nationale IATICE

Synthèse plus particulièrement à l’attention des groupes ressources impliqués dans la publication de « fiches » sur le site national et sur le site arts plastiques hémisphère sud.

Intervention de Monsieur Jean Yves Moirin – Inspecteur général pour les arts plastiques :

Monsieur Moirin rappelle le rôle des Interlocuteurs Académiques pour les TICE - usages numériques (ex. IANTE) et quelques notions fondamentales.

-  Identification du travail des IATice dans chaque académie : intégrer les Technologies Numériques dans l’enseignement.
-  L ’Interlocuteur Académique (l’I.A) a des compétences à la fois techniques et pédagogiques, il a un rôle d’observation et doit être en mesure de conseiller et d’apporter des pistes de remédiation lorsque cela est nécessaire. Il est attentif aux modifications des comportements, des pratiques, et des modes d’apprentissage induits par l’expérimentation des T. N. en cours d’arts plastiques (en parallèle à l’utilisation des techniques traditionnelles).
-  L’expérimentation des Technologies Numériques (T.N), dans un contexte d’évolution dynamique, implique une posture de créativité permanente c’est à dire être capable d’évoluer dans ses dispositifs pédagogiques sans se complaire dans des pratiques idéologiques et doctrinaires.
-  Les programmes vont dans ce sens, ils sont un projet de société pour la construction de l’élève afin qu’il soit armé pour sa vie future.
-  Ils sont ajustés régulièrement. Il faut savoir détecter ce qui est sous jacent : en comprendre les objectifs.
-  Une mise en pratique graduelle de ces objectifs permettra d’apporter les éléments qui feront progresser nos élèves. Il faut prendre le temps de repérer les compétences (les élèves utilisent les T.N. avec toutes les dérives possible) – en référence : le thème du séminaire d’Arles 2011 sur l’utilisation des images numériques dans les réseaux sociaux, http://blog.pierre-bonnefoi.com/?p=52 . Comment mettre en relation ces pratiques avec une préoccupation éducative et une démarche artistique.


Intervention d’Olivier Cornu - Expert disciplinaire à la Dgesco

Le portail national Eduscol :

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-  Avec une orientation éditoriale historiquement axée sur les Tice il évolue vers un aspect plus recentré sur les contenus que sur l’aspect purement technique.
-  Il est la suite logique du travail qui avait été entrepris, le contenu étant ciblé sur un public d’enseignants en même temps qu’une « vitrine » de notre discipline.
-  Ce portail se démarque par un dynamisme au niveau des publications.
-  Dans le projet du ministère une unité des différents portails se fait à travers quatre rubriques communes : « enseigner », « s’informer », « se former » et « actualités »
-  C’est un site institutionnel qui communique la parole de l’institution, en tant que référence.
-  Ce portail est étroitement imbriqué avec le
Edu’bases.

La problématique Edu’bases

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-  Ce n’est pas le lieu de publication de séquences clé en main mais plutôt d’axes de réflexion et d’ouvrages de référence.
-  Au niveau éditorial, chacun peut participer, amener sa pierre à l’édifice.

Des questions apparaissent quand au contenu et à la forme des publications ; échanges entre Monsieur Jean Yves Moirin, Madame Sylvie Lay IA-IPR de l’académie de Poitiers en charge du dossier Technologies Numériques, Monsieur Olivier Cornu, Monsieur Christian Vieaux, IA-IPR de l’académie de Paris et les Interlocuteurs Académiques :

-  Dans le cadre de ce site, nous avons la liberté de nous singulariser par rapport aux autres disciplines en restant dans le cadre commun : enseigner, s’informer, se former.

-  Une question se pose : est ce que les ressources publiées ne risquent pas de « faire bible » pour les enseignants ? C’est justement la réflexion du comité éditorial.
-  Pour un jeune enseignant démuni, il est nécessaire d’avoir des « fiches » qu’il se devra d’adapter en fonction du contexte de son enseignement.
-  Comment peut-on expliciter les enjeux et les outils mis en œuvre pour atteindre tel ou tel point du programme ? volontairement on ne décrit pas le scénario pour en faire un modèle. L’enseignant doit monter un dispositif éducatif qui s’inscrit dans un ensemble global. L’inspection pédagogique est là pour apporter conseils et remédiation. Il y a un travail d’ajustement permanent que l’enseignant doit mettre en œuvre pour s’adapter à l’évolution des contextes.

Où se situer par rapport à une ressource de (d’auto) formation du portail.

• Qu’est ce que l’on publie ? c’est la trace de ce qui est fait en classe.
L’orientation reste majoritairement axée sur la promotion des Tice.
-  Ce qui est publié ce sont des pistes de travail, avec un texte introductif qui spécifie qu’il ne s’agit pas de modèle à réutiliser tel quel.
-  Il faut mettre en relation l’utilisation des Edu’bases avec le contexte actuel de formation fragilisée des nouveaux professeurs. Évidemment cela ne doit pas constituer un pis-aller et, en terme de formation, il faut renouer avec la pratique du tutorat, le portail ne peut remplacer un contact humain.

• Comment réinvestir les séquences dans sa pratique et les réalités de la classe ?
-  Les Edu’bases doivent proposer une diversité de ressources et d’outils.
-  Les ressources doivent être ‘environnées’ et non pas statiques c’est à dire contextualisées et étayées avec des liens de références, de bibliographies etc. afin que la ressource trouvée soit décryptée et analysée avec le plus d’objectivité et de clarté possible.
-  Il y a véritablement un travail de transposition didactique et d’élaboration de procédures pédagogiques à faire. Il faut confronter le ‘faire’ et le ‘discours’, transposer des savoirs, des références dans un processus qui permet de faire ressortir des contenus enseignables.
-  Il faut pour cela avoir un recul nécessaire d’ordre théorique pour déceler l’écart entre la pratique quotidienne et le sens réel du contenu proposé (l’évidence d’un dispositif de cours n’est pas appréhendée de la même manière par tout un chacun.)

Les Edu’bases doivent-elles être le Modèle ?
-  Il faut trouver un moyen terme et se positionner dans l’entre-deux par une variété d’entrées. Il faut saisir le « fond » du cours et se l’approprier en s’attachant aux objectifs généraux. Les Edu’bases peuvent permettre à l’enseignant d’aborder telle notion d’une manière différente, de régénérer ce qui est fait habituellement.

-  Les IAtice et le corps d’inspection doivent être attentifs à l’utilisation qui est et sera faite des Edu’bases. Ce n’est qu’un agrégateur de ressources et si l’on veut avancer il faut faire confiance aux utilisateurs.


Concevoir et publier un cours d’arts plastiques à l’heure des compétences et du numérique.

Par Sylvie Lay, Jean Yves Moirin.

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Les Edu’bases actuellement sont surtout constituées de cours, il sera nécessaire d’avoir d’autres sources d’auto formation pour répondre à une demande des nouveaux collègues.
Par exemple des vidéos de cours avec une présentation qui définisse le contexte dans lequel la séance a été menée.
Plus il y aura de diversité, (témoignages, pistes didactiques et pédagogiques) moins ce sera modélisant, avec en permanence un souci de qualité car c’est la vitrine de la discipline.

Concevoir un cours, les enjeux :

-  Avec pour visées :

  • • la compréhension des processus de création sur les plans théorique et pratique,
  • • la connaissance des œuvres,
  • • la construction d’attitudes artistiques, et
  • • l’exercice de la réflexion critique.
    -  Le cours d’arts plastiques est avant tout le lieu d’une pratique, sa dynamique ne se réduit pas à des « exercices »
    -  On doit avoir une vision du travail de l’élève.
    -  Le professeur d’arts plastiques veille à ce que la pratique de l’élève l’aide à comprendre les enjeux artistiques fondamentaux. Il introduit les outils permettant de comprendre la diversité des formes d’expressions plastiques.
    -  L’élève acquière ainsi des compétences qui lui faciliteront la poursuite d’études en art ou nécessitant une culture générale.

L’élève

Qu’est ce qu’il apprend ? Cette question doit être au centre de ce que l’on publie.
-  Quels sont les apprentissages et leur mise en œuvre, quelles sont les intentions ? Il est nécessaire de clarifier, de prioriser, de simplifier, pour une meilleure lisibilité et sans perdre de vue le programme.

Relation aux œuvres et aux démarches artistiques

Il faut faire le lien entre ce que l’élève produit et une démarche artistique. (Pourquoi montre-t-on telle référence ?)

Modèles didactiques

-  - Il y a une pluralité de manières d’enseigner qui coexistent (la pédagogie du cours en proposition n’est pas la seule possible).
-  L’incitation ne peut tenir lieu de dispositif de cours, mais aucun système éducatif ne peut se passer d’un dispositif incitatif.
-  La classe d’arts plastiques est un espace d’expérimentations :
L’élève doit être « questionné » (intrigue / investigations) pour qu’il puisse apporter ses réponses.
-  Il faut trois ingrédients pour que le cours fonctionne : l’adhésion du groupe, un questionnement et des contenus / compétences enseignés.

-  Le professeur doit être perpétuellement dans une dynamique de création dans ses postures pédagogiques sans s’enfermer dans des doctrines et des carcans idéologiques. Nous avons peu de références bibliographiques à ce propos. Pour l’exemple de l’enseignement de l’histoire des arts : nous avons une pratique régulière de la référence aux œuvres. Nous travaillons avec des reproductions, précisons cet écart, même pour la meilleure reproduction (cf. le site du Musée du Prado). Un autre exemple : le travail de la lumière chez Rembrandt ; on peut expérimenter en classe avec des projecteurs puis rechercher qui a travaillé sur cette notion dans l’art contemporain.

Définition d’une compétence :

C’est un ensemble de connaissances, de capacités, d’attitudes. C’est la capacité à les mettre en œuvre dans des situations variées ; de les mobiliser et de les réinvestir afin d’atteindre un objectif précis dans une situation donnée.
-  La compétence se construit dans la durée.
-  Attention de ne pas être déconnecté de la réalité (grille d’évaluation avec des critères qui se multiplient et qui n’ont pas de rapport avec la demande originelle).
-  L’évaluation est en liaison avec les compétences définies dans les programmes.

-  Précision sur les termes :
-  Compétences : ce que l’élève découvre et met en œuvre dans une pratique, à distinguer des Apprentissages : ce que le professeur apporte en terme de savoir faire par exemple.
-  Les compétences apparaissent par la multiplication et répétition des situations. Ce n’est pas parce que c’est transversal que c’est transférable (la compétence est liée à une situation donnée).

La problématique de l’évaluation :

Qu’est ce qu’on évalue ? Souvent l’idée est l’application d’un barème avec beaucoup trop de critères. L’évaluation doit être en phase avec le problème posé au départ. Sur le fond et la forme : pour impliquer l’élève dans une auto-évaluation, il faut que cela ait du sens (c’est fondamental pour le déroulement du cours). Il ne faut pas casser la dynamique créée par le dispositif de cours en demandant une auto évaluation, il faut laisser l’élève expérimenter. La verbalisation peut intervenir par la suite.
-  Si l’on met une évaluation dans une ressource, il faut savoir pourquoi nous la mettons.


En résumé, les paramètres à prendre en compte pour la publication d’un cours :

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-  La visibilité de la discipline.
-  Le public visé.
-  Publier c’est : intéresser, informer, former.
-  Ne pas être dans l’implicite.
-  Quelque soit la forme il faut que la ressource soit compréhensible, ce que l’on a mis en œuvre et ce qui est visé pour l’apprentissage de l’élève, faire preuve de pragmatisme.
-  Définir une focale (un contenu précis) et tout ce qui est autour et qui sert à atteindre cet apprentissage.
-  Se poser la question du statut des productions d’élèves : comment, pourquoi les montrer ?

• Ce qui est souhaitable :
-  Les formes et la communication de l’évaluation
-  Les œuvres présentées et le lien avec les pratiques de l’élève
-  Les relations avec les items du socle.

• Pour la publication sur Edubase
-  Il est nécessaire de travailler en équipe pour avoir des regards croisés et il faut la validation par l’IPR.
-  Proposer des productions diversifiées et de qualité (par rapport à la quantité).
-  Une demande de 5 remontées par académie et le besoin d’un référentiel par rapport aux enseignements d’explorations et aux programmes de lycée en général.

• Autres précisions apportées par Monsieur Moirin par rapport au dilemme entre la proposition d’une simple piste et d’une fiche de cours trop normative, par exemple la mise en ligne d’un cours d’inspection.
Il doit être retravailler de façon à ouvrir les possibles afin qu’il ne soit pas un modèle strict à suivre.
-  Dans cet esprit nous avons besoins de remontés d’exemples « de bonnes pratiques ».
-  Il faut accepter l’idée que la perfection n’existe pas, mais nous devons réfléchir collectivement pour enrichir telle ou telle « fiche », préciser la nature du dispositif et les ajustements possibles.
-  Sur le problème de la forme : il serait bon d’avoir plusieurs types de fiches :

• 3 ou 4 types de ressources : + didactiques, + informatives, + pistes de recherche.

• A minima l’objectif éducatif est d’aborder un point du programme et un dispositif d’enseignement, une autre fiche pourrait traiter de l’évaluation. Une autre encore, plus didactique serait de l’utilisation des Tice pour atteindre cet objectif.

• Les Tice restent encore à expérimenter. (avec un contenu technique)

• Dans l’indexation spécifique des Edubases il est souhaitable que les fiches soient identifiées par rapport à leur nature.


Serge Prouteau
IATice de l’académie de la Réunion

Pièces jointes

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